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Villes/La Côte-Saint-André/travail

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CR Commission TRAVAIL, EMPLOI ET CHÔMAGE 25 mai 2015

-Différenciation nécessaire des termes “ Travail ” et “ Emploi ” :

Travail : Le travailleur existe au sein d'un collectif. Participe à l'évolution de son travail et même réfléchit aux finalités. Il peut être source d’épanouissement. Emploi : travail qu'on consent à effectuer au service d'un employeur, on a là un rapport hiérarchique voire de soumission.

Ces termes emploi et travail sont plus ou moins volontairement confondus : on répète notamment qu’il n’y a pas de travail pour tout le monde, et qu’il faut le partager ce qui constitue un piège : Du travail, on peut en créer et il y en aurait autant qu’on veut. On peut imaginer du travail pour "la cité" : plus d'éducateur, d'encadrants dans le milieu scolaire. Rénovation des bâtiments, transition énergétique.... pour ne citer que cela. Simplement les employeurs, qu’ils soient publics ou privés prennent des décisions pour supprimer des emplois, que ce soit pour faire effectuer ces tâches par des automates ou pour faire des économies en considérant que certains services peuvent être dégradés, supprimés ou assumés par ailleurs par d’autres acteurs de la société (associations)

Ainsi deux exemples de suppressions d’emploi sont cités pour illustrer : - Les péages d'autoroutes où les automates remplacent des employés - Dans l'éducation nationale, où des postes de psychologues scolaires et de RASED (Réseau d’Aide Spécialisée aux Enfants en Difficulté) sont supprimés. Ainsi que des postes d’enseignants aboutissant souvent à des classes surchargées.

On connaît tous des exemples d’emplois supprimés dans différents secteurs d’activité et qui correspondent à ces cas de figure

Viennent s’additionner d’autres constats :

La précarité permet au système de se maintenir : le fait que de nombreuses personnes sont dans des situations précaires permet à ceux qui profitent du système de continuer à en profiter : la pression est toujours plus forte pour ceux qui ont un emploi ou qui en recherche et conduit à dégrader les conditions de travail ou réduire les rémunérations. Ce constat est d’autant plus important lorsqu’on considère la loi travail (le fameux article 2) qui prévoit de donner la priorité aux accords d’entreprise par rapport aux conventions collectives et au code du travail ce qui permettra aux entreprises d’exercer des chantages sur leurs employés pour les forcer à accepter des dégradations dans leurs emplois sous peine de fermeture.

Autre constat : Le chômage de masse est voulu par les décideurs, élus ou hauts fonctionnaires . La notion de NAIRU (Non-Accelerating Inflation Rate of Unemployment) est expliquée par Nans : taux de chômage pour éviter l'inflation. (voir ce lien : http://stats.oecd.org/Index.aspx?QueryId=48230)


Pour résumer : il y a une relation entre chômage et inflation, décrite empiriquement par un économiste au nom de Phillips :

1.Si le chômage diminue, les travailleurs deviennent plus revendicatifs sur leur salaire puisqu'ils savent qu'ils peuvent plus facilement trouver du boulot. Cela conduit à augmenter les salaires et par conséquent les prix parce qu'il faut que les marges restent grosso modo les mêmes pour les entreprises.(inflation forte) A l'inverse, si le chômage est élevé, les travailleurs ne sont pas en position de force. Ils acceptent des conditions de travail plus dures et des salaires moins élevés. (inflation faible)

2. Parallèlement l'inflation est plutôt bonne pour les ménages mais très nocive pour ceux qui ont beaucoup d'épargne. Quelqu'un qui a un crédit à mensualité fixe sur 20 ans, voit donc sa charge diminuer par l'inflation. (1000 E par mois maintenant sont plus lourd à porter que ces mêmes 1000 E dans 20 ans) A l'inverse, celui qui a beaucoup d'argent voit son capital perdre de la valeur du fait de l’inflation (en pouvoir d'investissement, pas en montant).

La conséquence de tout cela au niveau européen par exemple : La BCE (Banque Centrale Européenne) contient l'inflation en demandant aux Etats d'avoir un taux de chômage proche du NAIRU, afin que les très riches ne perdent pas trop de pouvoir d’investissement Elle a ainsi pour objectif 1er (c'est son rôle officiel) de maîtriser l'inflation et de faire en sorte qu'elle ne devienne pas plus grande que 2%. (http://europa.eu/about-eu/institutions-bodies/ecb/index_fr.htm)

Pour information, en 2014, l'OCDE estimait à 9.2% le nairu de la France et à 10.1% celui de la zone Euro ! (4.3% au Japon, je l'ai sous estimé ce soir lors du débat).

Conclusion : le chômage est organisé, c'est une logique du système.

D'autre part, le chômage élevé dans un pays comme la France permet de donner un alibi pour casser les acquis sociaux.

Plutôt que de chercher à harmoniser vers le haut les acquis sociaux des différents pays, on "culpabilise" les travailleurs "avantagés". On leur fait comprendre que le pays n'est plus compétitif, qu'il faut assouplir le code du travail. On monte également les professions les unes contre les autres pour détourner notre regard de ceux qui profitent vraiment. C'est vers le haut qu'il faut regarder les avantages, pas ceux du voisin...

Les progrès des sciences et technologies devraient au contraire nous permettre de vivre mieux, de faire en sorte que les conditions de travail et de vie d'une manière plus générale s'améliorent.

En complément de ces réflexions sur le Travail, l’emploi et le chômage est évoqué le thème du Revenu Minimum Garanti dont on entend de plus en plus parler y compris dans des pays dirigé par des “ libéraux ” (au sens libéralisme économique) : Ainsi les cas de la Finlande et de la Suisse sont évoqués. Le Revenu Minimum peut-être intéressant car il permet de donner une autonomie minimale à certaines personnes (par exemple jusque dans les années 70, les femmes dont le taux d’emploi était plutôt faible, pouvaient difficilement prétendre à une autonomie. Est apparue ainsi pour elles la nécessité d’accéder aux emplois pour obtenir une certaine autonomiece que pourrait autoriser un Revenu Minimum Universel)

En Suisse, un référendum.sur le revenu universel "sans conditions" doit être organisé : il aboutirait à un Revenu Garanti Inconditionnel, mais avec une contre-partie, la suppression du système de l’assurance (sécurité sociale) qui induira en même temps que les citoyens financent complètement leur accès aux soins. Il s'agit donc là d'un leurre, et correspond à la mise en place d’un principe libéral, celui de la séparation de l'économique / et du social.

Conclusion : Le Revenu Minimum Universel et Inconditionnel peut-être une idée en apparence intéressante, mais l’intérêt dépend surtout de ce qui se passe autour et de l’esprit dans lequel il est proposé ! ! !