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Atelier militantisme intergénérationnel

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Cet échange fait suite à une observation d’une différence entre les mode et fonctionnement du militantisme à travers les générations.

Il a été très riche, et il est compliqué à retranscrire. Il n’est pas reporté «au fil des échanges», car nous sommes revenus à plusieurs reprises sur certains sujets, et il est arrivé souvent au cours de ceux-ci que des «vieux» répondent aux «jeunes», la limite d’âge étant difficile à trouver. Point positif, il est à noter que nous n’avons eu aucun tabou sur la dénomination des âges, parfois abordée de manière cocasse, et que les échanges ont été réalisés dans le respect du militantisme de chacun. Il serait dommage de ne pas mentionner parmi nous la présence de Hassan, dont les difficultés d’élocution ont entraîné une réelle écoute de chacun, et donc une ouverture intéressante à expérimenter.


Le débat s’engage sur le changement de culture, et notamment la frontière de la «classe ouvrière» qui semble s’estomper progressivement, ainsi que ses modes d’actions. Les mouvements militants plus anciens se traduisent essentiellement par le syndicalisme. Ils sont définis en premier lieux par la grève et la manifestation. Le militantisme «engagé», de la «vieille école» se caractérise par un engagement fort, chronophage et qui s’effectue dans des structures assez pyramidales.

Il est avancé que communiquer entre citoyens est un des buts du militantisme et que les nouvelles technologies limitent cette communication, étant plutôt réservées aux jeunes générations. Une remarque s’échappe : «framapad, facebook : c’est pas mon monde». Il est proposé d’essayer de remettre l’outil numérique à sa place et qu’il ne remplace pas la rencontre. L’abus du mail dans la prise de décision est également évoqué.

Il est pris l’exemple du bar (la commission bar s’est réunie juste avant cet échange). Les plus anciens expriment que, de leurs temps, le bar était un moyen de financement. Maintenant, il s’agit d’un support pédagogique qui ne met pas l’argent au centre.

Il est conclu que chacun a son histoire, et que le militantisme de chacun ne peut pas être connu. Le but des militants n’est que de porter l’histoire le plus loin possible pour la faire avancer, et d’apprendre de l’histoire de vie de chacun.

Il est évoqué le fait que le regard paternaliste des générations plus anciennes peut également être ressenti comme donneur de leçon. Les jeunes ressentent un regard bienveillant sur eux, mais il leur est demandé de ne pas sortir d’un certain cadre. Du coup, il est difficile de s’exprimer, et un sentiment de toujours savoir «ce qui marche» et «ce qui ne marche pas» est ressenti. Il est indiqué que les anciens constatent qu’habituellement la jeunesse apporte souvent une fraîcheur, et que la plupart du temps, les anciennes générations attendent que les jeunes reprennent les rennes pour changer le monde.

Il est rappelé l’importance du militantisme féminin qui a non seulement joué un rôle dans le paysage militant, mais qui continue aujourd’hui à défendre des valeurs d’égalité qui devraient être devenue évidentes. Il est également un bon lien intergénérationnel.

Il est présenté l’idée de donner l’envie par la transmission : les anciens pourraient transmettre aux plus jeunes, notamment par l’idée de lecture, citée en exemple, mais qui peut prendre toute autre forme.

Il est demandé la définition de militant. Il en ressort : C’est un bénévole qui prend le temps de défendre ses idées // propager ses idées. Pour répondre à cette question, il est cité l’exemple de la vague, poussée par les éléments. Au sommet de cette vague, certaines personnes croient la dominer, alors qu’elles ne sont que poussées par la vague. Le jour où la vague éclate, les gens au sommet chutent. Le militant est celui qui souffle sur la vague pour la faire avancer.

Il est convenu par tous que militer n’est pas combattre. la lutte armée est fortement décriée. A la demande: «mai 68 était violent?», ceux qui l’ont vécu estiment ne pas l’avoir vu comme tel, mais mettent plus en avant le coté «festif» .

Il est accepté par tous qu’il va devenir indispensable de créer ses propres codes ensemble.

Une question ouverte ressort : quel militantisme pour les personnes en situation de handicap? Possible proposition d’échange pour nuit debout.