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Villes/Blain/AG/CR/21 avril 2016

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NDBlain #2 – 21 avril ou #52 mars[edit | edit source]

≈ 90 personnes

Petit compte-rendu non-exhaustif... Ceci a valeur de témoignage et ne prétend ni contenir l'ensemble des propos échangés cette nuit-là, ni proposer une analyse scientifique : ceci n'est qu'une trace d'un bout de morceau de lutte. Mais quand même. Ceci n'est absolument pas objectif, ceci a été vécu.

RDV était donné à 20h place Jean Guihard (anciennement place de l'Hôtel de Ville, rebaptisée en 1962. Jean Guihard : "républicain de gauche", maire de Blain, élu en mai 1939, démissionne en 1941). Sur place avait été dressée par un comité volontaire de la semaine passée une tonnelle pour nous abriter de la pluie ; merci. Il y avait aussi quelques tables et du matériel d'écriture au cas où. Et puis une buvette. Bah oui. Les engagés, les lutteurs, les frondeurs, les timides, les beaux-parleurs, les gens, pas mal de gens arrivent au compte-goutte, par un par deux ; bonsoir, salut, quel temps ! On est moins nombreux que la semaine dernière, non ? Attends ça arrive... Eh, regarde qui est là ! Environ 21h : quelques personnes (sans doute de celles qui ont dressé la tonnelle) engagent une conversation commune en proposant de lire le compte-rendu de la semaine précédente. Dès lors quelques voix se font entendre, regrettant la spontanéité de la dernière réunion et questionnant la nécessité d'une organisation qui calquerait les systèmes de fonctionnement institutionnels. Large débat qui fait intervenir de nombreuses personnes.

Très vite, la discussion rend compte d'une double volonté : libre parole et absence de formalités pour les uns, action organisée pour les autres. D'apparence inconciliables, ces deux modalités d'existence de la lutte se révèlent en réalité complémentaires : prendre le temps de l'expression et du témoignage pour dégager des objectifs communs n'empêche aucunement de mener à bien des actions diverses et variées. De même, l'amateur d'actions symboliques dans l'espace public peut également participer aux débats et discussions. La lutte contre l'injustice sociale, ce n'est pas que le jeudi soir, lâchons-nous le reste de la semaine ! Enfin, rappelons que se réunir et prendre le temps de réfléchir à nos modes de vies et à ceux qui nous sont imposés, c'est déjà de l'action presque organisée. Et puis les démarches collectives n'interdisent en rien l'émergence d'initiatives individuelles, et vice versa bien entendu. Nous voulons tout, faisons tout ! Ne pas s'attacher aux étiquettes ou alors en porter plusieurs, dire, faire, transmettre et sensibiliser, tous les chemins mènent à la conscience collective !

Pour résumer la discussion :[edit | edit source]


Thèse A : organisons-nous

Thèse B : évitons l'organisation

Pour

Être plus efficaces. Garder des traces. Ne pas se répéter.

Prendre le temps d'échanger librement. Favoriser les initiatives individuelles. Ne pas avoir l'impression d'être au boulot.

Comment

En formant des groupes de travail. En menant des actions symboliques. Par le vote à la majorité.

En s'exprimant : témoignages et propositions. En débattant et légiférant.

Par consensus.

Objectifs

Lutter contre l'injustice sociale imposée par la dictature du capitalisme et la corruption.

Imaginer collectivement une autre idée de la modernité en proposant des alternatives. Créer un rapport de force avec la ploutocratie et exiger l'abolition des classes.

Finalement une mésentente sur le terme « organisation » qui aurait été confondu lors de la discussion avec celui d' « exécutif » : il semble que les partisans de la thèse A considèrent l' « organisation » comme un moyen de contrecarrer en l'imitant un système capitaliste globalisé lui-même très bien huilé ; ceux de la thèse B redoutent le formatage et la précipitation. Mais finalement le nœud de la question n'est-il pas plutôt qui décide de quoi pour qui, pour tous, pour soi ?S'organiser n'est pas décider : mais alors, que fait-on, avec qui, au nom de qui ? L'assemblée a été assez claire, « pas de chef » : le refus de mettre en place un leadership invite à trouver la réponse dans le partage des responsabilités. Alors organisation ou pas organisation, il s'agit de proposer ! Mais voilà, la notion d'action organisée résonne à certaines oreilles comme un glas de violence. Rappelons : l'action peut être symbolique et de préférence drôle, comme le suggère Popovic : « Si vous êtes flic, vous passez beaucoup de temps à étudier la gestion des gens violents. Mais rien dans votre formation ne vous a préparé à gérer des gens rigolos. »1 En ce qui concerne les revendications ou objectifs, nous verrons plus loin comment cette Nuit Debout blinoise regroupe de préoccupations différentes et combien il est difficile de démêler la pelote. En effet, même si la plupart des interventions que j'ai entendues ont fait montre d'un « humanisme altermondialiste » certain, les horizons de chacun sont bien différents et la complexité des sujets abordés rend les digressions tentaculaires.

Environ 22h : plusieurs propositions fusent.[edit | edit source]

> garder trace des réunions = immédiatement (ou presque) mis en place

> aménager le territoire : s'installer sur la place (divans, bureaux, occuper l'église...)

> que l'on reprenne des discussions en petits groupes sur les mêmes axes que la fois précédentes.

La discussion devient vite compliquée vu le nombre de personnes présentes. Quelqu'un lance : « Alors, on les fait ces groupuscules ? » Petit blanc, rires un peu crispés, et puis les gens se tournent les uns vers les autres (jusque là, l'assemblée était circulaire). Certains en groupes informels, d'autres munis d'un carton annonçant le thème de la discussion proposée.

En passant entre les groupes, je prends note de leurs sujets de conversation :[edit | edit source]

> une jeune femme témoigne de son expérience des nuits Debout lyonnaises.

> système agricole et écologie : aïe !

> naturopathie, bien-être, burn-out.

> anecdote croustillante sur une soirée bien arrosée. Torture du réveil-matin, même à jeun.

> un plan drague apparemment...

> un homme témoigne de la très bonne communication des Nuits Debout à Bouffay

> certains ont faim et se disent qu'il faudrait penser à emmener le barbecue. Ah, et aussi les locaux municipaux dédiés à l'accueil des publics sont vraiment dans un été lamentable

> comment expliquer à son neveu qu'il faut aller voter pour des connards

> groupe action : et si on allait débrayer les points chauds de Blain ? (CHS, lycée, etc)

> et si on faisait une buvette anti-aéroport pour soutenir la ZAD ?

> la Commune, un exemple de mouvement libertaire je vous dis ! Z'avez pas lu "Commun. Essai sur la révolution au XXIème siècle ?" (Pierre Dardot et Christian Laval, éds La Découverte, 2014)

> surconsommation et sobriété heureuse, Pierre Rabhi

> précarité des retraités

> logement : ou l'art d'aménager un taudis

> et la guerre civile au Kurdistan, personne n'en parle ! Et le Congo... Ethnocentrisme !

> pourquoi l'abstention n'est-elle pas vue tout simplement pour ce qu'elle est : du boycott ?

> et les arts, à la campagne, on se torche avec ? Plus de lieux dédiés au partage artistique!

Et puis je suis partie.[edit | edit source]

On le voit, la multiplicité des points de vue et l'ampleur du chantier qui nous attend (démolition des schémas + reconstruction) laisse croire que, organisée ou pas, la Nuit debout n'a pas fini de se réunir !

A jeudi.

Et pour s'inspirer des actions de nos voisins : http://www.placegrenet.fr/2016/04/24/pique-nique-sauvage-de-nuit-debout-grenoble-carrefour-grandplace/88261