Bienvenue sur le wiki de Nuit debout, nous sommes le 2037 mars.




Villes/Bordeaux/Langage

From NuitDebout
< Villes‎ | Bordeaux
Revision as of 14:16, 19 April 2016 by AccueilDebout (Talk | contribs) (Pour éviter le spam.)

(diff) ← Older revision | Latest revision (diff) | Newer revision → (diff)
Jump to: navigation, search

La Commission LANGAGE de Bordeaux vous souhaite la bienvenue sur sa page !

C'est un groupe aux contours libres qui par une écoute attentive laisse circuler des paroles sincères et habitées. Nous cherchons collectivement à interroger le langage. Qu'il s'agisse de flexisécurité ou d'Intelligence Artificielle, nous comprenons que les mots construisent des pensées et que pour les déconstruire, il nous faut les comprendre. Nous savons que le complexe politico-libéralo-médiatico-militaire enferme la langue pour mener à bien ses objectifs de domination et d'extorsion. Alors, considérant le langage autant comme un bien commun que comme une énergie magique, nous nous tenons assis, au milieu de la Nuit Debout pour recueillir les témoignages et les propositions qui en même temps qu'ils font émerger un collectif, mettent la justesse de la parole au cœur de l'action.

« Les mots justes trouvés au bon moment sont de l’action. » Hannah Arendt (1906 - 1975)

Fonctionnement[edit | edit source]

Comme les autres, la Commission Langage est un groupe organique alimenté par les réunions collectives à Nuit Debout Bordeaux.
Quand nous ne sommes pas réunis, il y a un fil de discussions par mail qui circule. Si vous souhaitez en savoir plus, un mail de contact apparaît un peu plus bas.

Réunions[edit | edit source]

Où ?
Sur la Place de la République, la commission est assise en cercle accompagnée d'un panneau indiquant que nous questionnons le langage
Quand ?
Prochaine réunion Samedi 47 mars (16 avril)
Comptes rendus
CR 41 Mars (10 Avril)CR 44 Mars (13 Avril)CR 47 Mars (16 Avril)



Rechargez la page pour afficher votre compte-rendu. S'il n'apparait pas automatiquement, listez le manuellement (aide).

Ressources[edit | edit source]

De nombreuses références ont déjà été échangées, voici les liens :

1 - Frank Lepage, père des conférences gesticulées, qui a beaucoup travaillé ces notions de langages, notamment de ces mots abandonnés et remplacés par d'autres dont le sens n'est plus le même. Par un "savoir chaud" et un "savoir froid" savamment dosés, il propose des clés de compréhension et de décodage fort passionnant: Régalez-vous!"


2 - ACRIMED :


3 - Bernard Friot et le salaire à vie : https://mrmondialisation.org/video-le-salaire-a-vie-de-bernard-friot-vu-par-usul/

4 - Eric Hazan et la Lingua Quintae Respublicae : http://www.regards.fr/acces-payant/archives-web/eric-hazan-la-lqr-c-est-la-langue,2530

5 - Marshall Rosenberg et la Communication Non Violente : https://fr.wikipedia.org/wiki/Communication_non-violente

6 - Jean Baubérot et les 7 laïcités : http://www.editions-msh.fr/livre/?GCOI=27351100670050

Sans oublier les ouvrages qui font référence :

- 1984, de Georges Orwell.

Ce texte date de 1950, et il n'a pas pris une ride. Il y est exposé le concept de Novlangue : une langue qui remplace certains mots par d'autres moins explicites. Les techniques sont aujourd'hui bien connues de la communication : l'euphémisation, l'assemblage de mots contraires (oxymore), les faux-amis, etc...

Or cette novlangue est bien en cours tous les jours, c'est ce que nous proposons de relever et de déconstruire, quitte à proposer de nouveaux termes pour décrire le réel.

- Langage et pouvoir symbolique, de Pierre Bourdieu.

Il y est entre autre question de l'importance de la langue, comme capital culturel, et de manière ultime instrument de pouvoir.

- Petit cours d'autodéfense intellectuelle, de Normand Baillargeon (Ed Lux)

Ce petit cours, illustré par Charb, nous distille les règles de base de l'analyse critique face au flot incessant d'informations. Cela concerne autant le langage que la rhétorique, mais aussi la probabilité et les statistiques. Car le choix des chiffres, autant que celui des mots, sous couvert d'objectivité, n'est jamais anodin.

Glossaire[edit | edit source]

  • Acquis sociaux : héritage du XIXe et du XXe siècle. Forcément nuisibles « dans un monde qui se transforme à toute vitesse ». On devrait toujours dénoncer les « avantages acquis ». Même — et surtout — si on en a soi-même bénéficié comme haut fonctionnaire « pantouflant » à la tête d’une entreprise généreuse et peu prenante (M. Balladur, quand il fut président de la Société du tunnel sous le Mont-Blanc) ou qu’on en profite encore comme journaliste multicarte faisant des « ménages ». • Adaptation : euphémisme pour « soumission » ou « suppression ». Exemple : « La nécessaire adaptation de notre protection sociale » (Jacques Chirac) — voir aussi « Avenir » et « Changement ».
  • Archaïsme : voir « Acquis sociaux ».
  • Avenir : notion assez floue dont il faut « faire le choix » bien que nous y allions de toute façon. Seul l’avenir permet de « relever les défis d’aujourd’hui », un impératif d’autant plus solennel que nous « entrons dans le troisième millénaire ». L’erreur sur ce seuil serait de se tromper de siècle ; des millions d’électeurs français risquent de la commettre. Aux Etats-Unis, le danger d’un tel « anachronisme » a été résorbé par un travail du génie clintonien : l’érection d’un « pont pour le XXIe siècle ». L’accès sera bien entendu payant.
  • Changement : loi d’un monde « qui se transforme de plus en plus vite ». Il faut changer. Des esprits archaïques croient encore qu’il ne faut changer que ce qui va mal et conserver ce qui, selon eux, irait bien (voir « Acquis sociaux »). C’est là une mentalité frileuse.
  • Communication : bonne en soi, comme le commerce international (voir « Mondialisation »).
  • Crise : n’existe pas. Il s’agit d’une « mutation » dont chacun, surtout s’il est investisseur, doit apprendre à tirer le meilleur parti.
  • Démocratie : idéal que certains esprits simples jugent dévoyé (lire « Refonder »), alors que, plus simplement, il est devenu archaïque dans un monde qui change.
  • Exclus : ils démontrent à chaque instant leur incapacité à relever le « défi » de la mondialisation). On préférera toujours le terme d’« exclus » à celui de « pauvres » ou de « chômeurs ». Les journaux vraiment modernes déplorent le sort des « exclus » dans les pages « Société » après avoir célébré le « défi » de la mondialisation dans les pages « Economie ».
  • Flexibilité : souplesse extrême qui caractérise tantôt l’aptitude du salarié (reins solides et échine flexible) à accepter de travailler plus pour moins cher (voir « défi »), tantôt celle des grands « entrepreneurs » à faire varier leurs effectifs selon une sinusoïde en général décroissante.
  • Fracture sociale : expliquer qu’elle n’est que la conséquence de la généralisation inconsidérée des « acquis sociaux ». Le caractère apparemment paradoxal du raisonnement démontrera la subtilité de ceux qui le tiennent.
  • Modernité : toujours prendre sa défense (voir « Avenir »).
  • Mondialisation : Bonheur absolu, béatitude née du mariage du marché et du multimédia. Alimente cependant la « peur » des analphabètes et des « populistes », alors qu’elle permet aux pays pauvres de sortir du Moyen Age en fabriquant à très bon compte des chaussures de sport et aux salariés « nantis » des pays riches d’entrer « dégraissés » dans la « modernité ».
  • Nouvel élan : surprenante capacité des équipes à bout de souffle. En français vulgaire, se dit plutôt : « continuité ».
  • Pensée unique : illusion selon laquelle les nécessaires politiques économiques mises en œuvre depuis près de vingt ans auraient été le résultat d’une idéologie destinée à servir les intérêts d’une classe sociale. Malheureusement trop répandue, une telle croyance se devait d’être contrecarrée avec habileté. C’est presque fait : l’utilisation de « pensée unique » à tout propos et par tout le monde, permet à chacun — y compris MM. Chirac et Madelin — de se mouler dans le rôle du dissident. Cela a rendu le concept fort heureusement (presque) incompréhensible.
  • Populisme : il ne s’agit nullement de l’expression de la peur du peuple par les classes dirigeantes, comme le croient les populistes eux-mêmes. C’est au contraire une notion indispensable permettant sans effort intellectuel inutile d’amalgamer et de rejeter tous les « archaïsmes » qui entraveraient le « nouvel élan », la « flexibilité » et la « mondialisation ». Un bon journaliste devra donc utiliser ce concept aussi souvent que les expressions « c’est vrai que », « d’une certaine manière » et « en fait », ou les adjectifs « incontournable » (de préférence accolé à « mondialisation ») et « surréaliste » (de préférence accolé à « acquis sociaux »).
  • Réforme : elle exigera que les décideurs aient enfin le « courage » d’« assouplir » les acquis sociaux, quitte à affronter la levée de boucliers des corporatismes et populistes.
  • Rigeur : en général peu appréciée de ceux qui la subissent et ne jugent qu’à court terme, la rigueur accroît le crédit de ceux qui la mettent en œuvre (comme la rigueur d’un raisonnement ou d’une conduite) en affichant courage social et rationalité. Au nombre des synonymes, on évitera « austérité » ou « inégalités » ; on parlera de « cohérence », d’« assainissement » ou de « logique économique ».

François Brune Auteur du Bonheur conforme (Gallimard, 1985) et de De l’idéologie, aujourd’hui (Parangon, 2004, édition revue et augmentée en septembre 2005) accompagné de Serge Halimi


Contact[edit | edit source]

  • geoffreycrespel@yahoo.fr

Actualité[edit | edit source]

Discussions[edit | edit source]

En attendant mieux je propose de mettre ici des liens vers des pages de discussion: une par thème.